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Pour satisfaire la demande toujours plus forte de nouveaux médicaments,
les laboratoires sont lancés dans une folle course
à l’innovation. Enquête sur une frénésie
économique et sur les risques qui l’accompagnent.
Source : IMS
MÉDICAMENTS
Le business
des produits
miracles
Le business
des produits
miracles
L’Expansion / décembre 2004 / numéro 692
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HAMILTON DE OLIVEIRA - L’EXPANSION
Pour satisfaire la demande
toujours plus forte de nouveaux
médicaments, les laboratoires sont
lancés dans une folle course à l’innovation.
Enquête sur une frénésie économique et
sur les risques qui l’accompagnent.
DES MARCHÉS
EN PLEIN BOOM
Obésité, Alzhei-
mer, sexualité.
Le champ d’ac-
tion du médica-
ment s’élargit
sans cesse.
UN MARKETING
AGRESSIF
Pour imposer
leurs produits, les
laboratoires
jouent sur tous
les registres :
lobbying, pres-
sions, séduction...
DES DÉRIVES
ALARMANTES
Du risque médical
au dopage des
cadres, les déra-
pages du médica-
ment inquiètent
autorités et
consommateurs.
V
ingt-cinq milliards de
dollars évaporés en
quelques heures. L’in-
croyable sanction bour-
sière infligée au groupe
américain Merck après
l’annonce du retrait d’un seul de ses
médicaments, le Vioxx, a révélé la fra-
gilité des grands laboratoires, en dépit
de leurs performances financières.
Qu’une seule molécule vous manque
et tout le monde est paniqué ! Depuis
une dizaine d’années, l’industrie phar-
maceutique se focalise sur une soixan-
taine de produits vedettes, capables de
générer plus de 1 milliard de dollars
de chiffre d’affaires. On les appelle des
blockbusters, à l’instar des grands suc-
cès du cinéma hollywoodien. Les dix
médicaments les plus vendus dans le
monde pèsent près de 50 milliards de
dollars. Soit environ 10 % d’un mar-
ché mondial évalué à 490 milliards de
dollars par le cabinet IMS Health. Leur
poids dans l’activité des plus grands
groupes est encore plus lourd. Pfizer,
n° 1 mondial, tire les deux tiers de ses
revenus de neuf médicaments. Son an-
ticholestérol Lipitor (Tahor en France)
a réalisé 9,2 milliards de dollars de
chiffre d’affaires en 2003, soit 20 %
des ventes du groupe. Pour s’offrir
cette pépite, le laboratoire américain a
consacré un montant record de 90 mil-
liards de dollars au rachat de son
concurrent Warner-Lambert. Dans une
industrie où les marges peuvent at-
teindre 30 %, les profits attendus de la
commercialisation d’un blockbuster
sont colossaux. Mais les risques sont
en proportion : la perte d’un seul pro-
duit peut mettre en péril la survie du
laboratoire. Il subit les assauts de fa-
bricants de produits génériques toujours
L’Expansion / décembre 2004 / numéro 692 43
Dossier coordonné par Christian David et Vincent Giret
UNE ÉCONOMIE
FLAMBOYANTE
Ici, les marges
peuvent
atteindre 30 % et
les perspectives
de croissance sont
à deux chiffres.
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d’indemnisation.
« Aux Etats-Unis, le
système des class actions
associe automatiquement à la plainte
toutes les victimes potentielles, démulti-
pliant les dommages et intérêts », précise
l’avocat Pierre Servan-Schreiber, du ca-
binet Skadden Arp. L’ardoise peut at-
teindre des montants fabuleux : le labo-
ratoire Servier aurait constitué entre 1997
et 2000 une provision de 13 milliards de
dollars pour régler les litiges survenus
dans la commercialisation aux Etats-Unis
de deux traitements amincissants. Rares
sont les assureurs qui acceptent de sup-
porter pareils risques. « Sur ce marché, il
reste AIG, un ou deux groupes allemands,
et les réassureurs », résume Jean-Pierre
L’Expansion / décembre 2004 / numéro 692
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plus entreprenants, et les patients deve-
nus consommateurs n’hésitent plus à
porter plainte. Avec l’affaire Vioxx, c’est
tout le modèle d’une industrie bâtie sur
l’innovation, mais aussi sur le risque, qui
se trouve ébranlé.
C
e qui est arrivé à Merck peut
arriver à n’importe quel labo-
ratoire, estime Jean-François
Dehecq, le patron de Sanofi-
Aventis. Aucun médicament n’est ano-
din, et avant un usage massif on a du mal
à comprendre ce qui arrive. » Les pro-
duits vedettes sont en effet vendus dans
le triangle d’or Etats-Unis-Europe-Japon,
qui concentre 90 % du marché mondial.
Testées sur quelques milliers de per-
sonnes, ces molécules sont absorbées par
des dizaines de millions d’individus ! Les
laboratoires tiennent un compte très ri-
goureux de tous les incidents : plus de
14 000 rapports médicamenteux sont
adressés chaque année aux autorités fran-
çaises de pharmaco-vigilance. Avec par-
fois à la clef le retrait du produit. Au cours
de l’été 2001, l’allemand Bayer a retiré
du marché son anticholestérol Baycol,
mis en cause dans le décès d’une trentaine
de patients. « C’est le risque n° 1 pour un
laboratoire », déclare Jean Escande, di-
recteur de Sageris, filiale de maîtrise des
risques de Gras Savoye.
Outre l’effondrement du chiffre d’af-
faires, l’entreprise s’expose à une
avalanche de plaintes et de demandes
Médicaments
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Le criblage
C
ette technique,
également appelée
screening, consiste
à analyser l’action de
différentes molécules
sur une cellule vivante
au moyen d’un auto-
mate, dans le but
d’identifier un futur
médicament. La ma-
chine peut tester
plusieurs milliers de
molécules par jour.
La thérapie
génique
C
’est l’introduction
dans le génome
du malade d’un gène
codant une protéine,
qui exerce une action
médicamenteuse
dans la cellulle. Cela
se fait en général
au moyen d’un virus.
D’autres méthodes
sont aussi en cours
d’expérimentation.
Les cellules
souches
C
es cellules,
extraites du
corps humain,
ont la capacité
de se transfor-
mer en n’im-
porte quelle
cellule de l’orga-
nisme. Elles ou-
vrent la voie à une
nouvelle forme de
médecine, dite régé-
nérative, visant à
reconstituer les or-
ganes et tissus défec-
tueux. Leur utilisation
pose cependant des
problèmes éthiques :
en effet, les plus inté-
ressantes doivent
être prélevées sur les
embryons.
Les puces à ADN
T
out le génome humain tient sur une
puce. Des dizaines de milliers de brins
d’ADN sont stockés sur un support de
silicium ou de verre. Ces puces à ADN
permettent de mesurer l’activité des
gènes en présence d’un agent biologique.
Les applications sont nombreuses, du
diagnostic de la maladie à la recherche de
nouvelles molécules actives.
Les pistes sidérantes de la recherche
REA - COSMOS
Des microrobots médecins, des cellules réparatrices, des puces
électroniques vivantes... Grâce à l’irruption de l’informatique
et à la maîtrise des biotechnologies, les audaces techniques de
la pharmacie du futur n’ont plus de limites.
La protéo-
mique
A
près avoir décodé
le génome
humain, la recherche
s’emploie à inventorier
toutes les protéines sé-
crétées dans l’orga-
nisme. Et ce afin
d’identifier celles dont
l’excès ou l’absence
révèle une maladie,
et celles qui ont un
intérêt thérapeutique.
On en connaît déjà
une centaine, et cer-
taines, comme l’insu-
line, sont produites
de façon industrielle.
Les nanobiotechnologies
E
nvoyer le bon produit au bon
endroit et au bon moment :
les nanobiotechnologies, qui cherchent
à tirer parti des propriétés de la matière
à l’échelle atomique pour promouvoir des
soins, permettront peut-être, d’ici quelques
années, de piloter un médicament dans le
corps du patient.
«

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Ogus, du cabinet de conseil Eurogroup.
« Difficile pour un laboratoire de s’offrir
une couverture excédant 500 millions de
dollars », confirme Dieter Kohl, du réas-
sureur XL Re Europe. Le Vioxx ne serait
assuré qu’à hauteur de 650 millions de
dollars quand les actions en justice pour-
raient coûter à Merck près de 18 milliards.
« Le médicament, c’est un peu comme
la musique ou le logiciel. Le coût de fa-
brication industriel est négligeable : ce
que vous achetez, c’est de la science, des
tests, de la sécurité », explique Claude Le
Pen, professeur de sciences économiques
à Paris-Dauphine. Mais, pour le labora-
toire, il faut faire vite. La vie commer-
ciale d’un médicament n’excède pas une
dizaine d’années. La molécule est proté-
gée pour vingt ans par un brevet, mais en-
viron la moitié de cette période est consa-
crée aux tests. A l’échéance de son brevet,
le blockbuster attirera la convoitise des
« génériqueurs » produisant une copie à
prix cassé. En France, où les autorités de
santé tentent de développer ce marché,
celle-ci coûtera 30 % de moins en
moyenne, mais jusqu’à 80 % de moins
aux Etats-Unis, où le prix des médica-
ments est environ quatre fois plus élevé.
« Sur le marché américain, c’est 80 % du
chiffre d’affaires de la molécule qui peu-
vent disparaître en quelques mois », as-
sure un consultant spécialisé.
Quand le brevet du Claritin, un anti-
allergique de Schering-Plough, est arrivé
en fin de vie, le chiffre d’affaires du la-
boratoire est tombé de 9,7 à 8,3 milliards
de dollars. Depuis l’arrivée dans le do-
maine public du Prozac, le chiffre d’af-
faires de l’antidépresseur vedette d’Eli
Lilly est passé de 2 milliards à 654 mil-
lions de dollars… Dans les années à venir,
les grands rentiers des blockbusters per-
dront ainsi 35 milliards de dollars de re-
venus, avec la fin de l’exclusivité du
Zocor (Merck, 5 milliards de dollars de
ventes), du Zoloft (Pfizer, 3,1 milliards),
du Pravachol (Bristol-Myers Squibb,
2,8 milliards)… Des chiffres abyssaux
qui expliquent la frénésie des laboratoires
à promouvoir rapidement et à bon prix
leurs innovations. D’autant que les fabri-
cants de génériques, attirés par les
énormes profits de ces médicaments lea-
ders, n’hésitent plus à attaquer les brevets
avant l’échéance, entraînant les labora-
toires dans d’interminables batailles ju-
diciaires. Le laboratoire américain John-
son & Johnson entretient ainsi une équipe
de 70 spécialistes du brevet sur un total
de 220 juristes. C’est aussi une aubaine
pour les cabinets d’avocats privés, qui
constituent des pools dédiés, tel Gide
Loyrette Nouel, qui a créé il y a huit mois
un département droit de la santé, mobili-
sant dix avocats spécialisés. « Sur le mar-
ché américain, il n’y a pas un produit
nouveau qui ne soit attaqué. Les avocats
s’y retrouvent sans doute très bien, mais
les entreprises sont déstabilisées »,
déplore Jean-François Dehecq, qui ba-
taille pour conserver les droits sur le Pla-
vix (1,3 milliard d’euros en 2003). Tout
en organisant la riposte avec la création
d’une filiale de génériques, sous la
marque Winthrop.
L
’innovation n’en demeure pas
moins le moteur du secteur phar-
maceutique. Mais là encore les
règles du jeu ont changé. Car si les
grands laboratoires investissent massive-
ment dans les activités de recherche et dé-
veloppement, en moyenne 15 % de leur
chiffre d’affaires (plus de 7 milliards de
dollars pour Pfizer !), ces budgets énormes
sont essentiellement concentrés sur les pa-
thologies des populations vieillissantes des
pays développés : cancer, diabète, hyper-
tension, cholestérol... Objectif : vendre un
médicament cher à une population nom-
breuse et solvable. Le passage à la réalité
est plus complexe. Car malgré l’inflation
des budgets de recherche – l’industrie phar-
maceutique a investi 63 milliards de dollars
en R&D en 2003, deux fois plus qu’au
début des années 90 –, 21 molécules in-
novantes seulement ont été autorisées aux
Etats-Unis en 2002. Beaucoup de médi-
A
ctions collectives
aux Etats-Unis,
procédures
individuelles, les affaires
judiciaires mettant en
cause les laboratoires,
au-delà de l’aléa
thérapeutique, se
multiplient. Illustrations.
Paxil de GSK
(Deroxat en
France)
L’antidépresseur
suicidaire
Aux Etats-Unis,
Glaxo-SmithKline a
été condamné à
verser 6,4 millions
de dollars à la
famille d’un
homme de 60 ans
Staltor de Bayer
Le remède aux
7 500 morts
Brusquement retiré du
marché en août 2001,
l’anticholestérol a
provoqué 7 577 décès
dans le monde.
Distilbène
d’UCB Pharma
Une hormone
bombe à
retardement
Œstrogène de synthèse,
le Distilbène a été
prescrit à des millions de
femmes entre 1950
et 1977 pour prévenir les
fausses couches.
Aujourd’hui, 160 000
enfants nés de ces
Médicaments
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KEVIN LAMARQUE/REUTERS
Eliot Spitzer,
procureur
de New York,
ennemi n° 1
des labos.
L’Expansion / décembre 2004 / numéro 692
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Stadol de BMS
Le spray nasal qui
rend accro
Simple spray nasal
analgésique, le Stadol a
fait l’objet de plus de
900 plaintes outre-
Atlantique. Bristol-Myers
Squibb, qui aurait
effectué la promotion
de ce médicament sans
indiquer la dépendance
qu’il impliquait, confirme
l’avoir retiré du marché.
(suite page 48)
femmes présentent des
anomalies génitales.
En France, la cour
d’appel de Versailles a
reconnu, le 30 avril, les
fautes du laboratoire
UCB Pharma, qui s’est
pourvu en cassation.
« Le laboratoire conteste
aussi l’indemnité de
600 000 euros que je
demande pour une de
mes clientes de 30 ans,
aujourd’hui condamnée
par un cancer. Lui estime
son préjudice inférieur à
200 000 euros ! »
souligne Martine
Verdier, avocate d’une
soixantaine de victimes.
Les laboratoires sous le feu des affaires
Le médi-
cament, c’est
comme le logi-
ciel, le coût de
fabrication est
négligeable. Ce
que vous ache-
tez, c’est de la
science.
qui, sous l’emprise du
Paxil, a tué sa femme, sa
fille et sa petite-fille
avant de se suicider. Le
laboratoire a fait appel
de la décision, puis a
finalement transigé en
2001 pour un montant
tenu secret. Dans la
foulée, le célèbre
procureur de l’Etat de
New York, Eliot Spitzer,
a demandé des comptes
à GSK pour dissimulation
d’études dénonçant la
nocivité de son produit.
▲▲
▲▲

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caments n’apportent pas de
réelle innovation et se
contentent de reproduire
l’effet d’une spécialité
concurrente ; dans le jargon
pharmaceutique, on les ap-
pelle des me too. Parallèle-
ment, les laboratoires cher-
chent à valoriser leur
portefeuille de molécules
en élargissant les champs
de prescription à d’autres
pathologies. Les statines,
qui ont révolutionné la lutte
contre le cholestérol dans
les années 90, sont ainsi
testées contre la maladie
d’Alzheimer. Les labora-
toires en viennent à combi-
ner l’action de deux molé-
cules éprouvées au sein
d’un nouveau médicament :
le Caduet de Pfizer additionne les effets
de deux de ses produits vedettes, le Lipitor
et l’antidépresseur Norvasc ; Merck s’est
de son côté associé à Schering-Plough pour
développer le Vytorin, combinant l’action
du Zocor et du Zeita. « D’ici quelques an-
nées, le marché sera rempli de produits as-
sociés », prévoit Pierre Moustial, directeur
général de Fournier Pharma.
Car les industriels en conviennent : il
est de plus en plus difficile d’innover.
L’avenir de la recherche est bouleversé
par l’irruption des biotechnologies dans
une industrie bâtie jusqu’alors sur la chi-
mie. « Près de 800 molécules issues des
biotechs sont en phase II et III de déve-
loppement, et une quinzaine de médica-
ments devraient être lancés chaque année
d’ici à 2008 », affirme Abdelmalek Bou-
zelmat dans une étude réalisée pour le
cords avec les géants de la
pharmacie pour assurer le
développement et la com-
mercialisation de leurs pro-
duits. Seuls ces derniers ont
l’envergure pour un marché
mondial. Leur rôle est dé-
sormais moins d’inventer
que de vendre. Et cela, ils
savent bien le faire. On ne
peut que constater l’élargis-
sement du champ d’inter-
vention du médicament
dans le quotidien : il soigne
et il contribue aussi au bien-
être (comme le Prozac), à la
performance (Viagra, Rita-
line pour le comportement
des enfants…) ou à la pré-
vention de maladies futures.
Les anticholestérols, dont
l’intérêt est de réduire le
risque d’accidents cardio-vasculaires,
constituent le premier poste médicament
de l’industrie (25 milliards de dollars).
Certains exemples ne manquent pas de
surprendre, comme le regard porté sur la
« bedaine » des buveurs de bière : désor-
mais identifiée comme un facteur de
risques cardio-vasculaires, elle est en
passe d’ouvrir un nouveau marché pro-
metteur sous le nom savant de « syndrome
métabolique ». « L’industrie prend dé-
sormais en compte la santé globale de
l’individu et non plus seulement la mala-
die », justifie Gérard Bouquet, vice-pré-
sident de Pfizer. Encore faut-il convaincre
les autorités de l’intérêt de cette évolu-
tion en matière de santé (et de dépenses !)
publique, et maîtriser les abus d’une so-
ciété du tout médicament.
Laurent Barbotin et Gilles Lockhart
L’Expansion / décembre 2004 / numéro 692
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Médicaments
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Genhevac B
d’Aventis Pasteur,
MSD et Engerix
de GSK
D’inquiétants
vaccins anti-
hépatite B
Plus de 25 millions de
Français ont été vaccinés
contre l’hépatite B. Des
désordres neurologiques
et notamment des
scléroses en plaques se
sont déclarés en
nombre, au
point que le
Dr Marc
Girard, expert
près la cour
d’appel de
Versailles,
évoque une
« catastrophe sanitaire
probablement d’une
ampleur sans précédent ».
Gisèle Mor, avocate de
victimes, diligente
quelque 200 procédures
civiles, pénales et
administratives. Elle vise
également les ministres
de la Santé Philippe
Douste-Blazy, Bernard
Kouchner et Jean-
François Mattei dans une
plainte déposée le
24 septembre.
Isoméride/
Redux de
Servier
Coupe-faim
mortel
Retiré du marché
mondial en 1997 pour
risque d’atteinte des
valves cardiaques et
d’hypertension artérielle,
l’Isoméride a fait de
nombreuses victimes.
Pour éviter des procès en
Amérique du Nord,
le laboratoire a versé
3,75 milliards de dollars
à une association
réunissant 150 000
victimes. En France,
« Servier s’est pourvu en
cassation contre la
décision qui l’a
condamné à
verser 396 312
euros à une mère
de famille dont
l’espérance de vie est
limitée à dix ans. Il veut
gagner du temps… »,
affirme Georges-
Alexandre Imbert,
président de l’Association
d’aide aux victimes des
accidents des
médicaments (AAAVAM).
Sabril d’Aventis
Doutes sur l’anti-
convulsivant
« La première
expertise judiciaire
Les laboratoires sous le feu des affaires (suite)
Georges-
Alexandre
Imbert.
Crédit agricole. Avec en filigrane les
mêmes effets sur l’organisation des
grands labos que ceux provoqués par l’in-
trusion des composants électroniques et
d’Internet dans l’informatique et les télé-
coms : la culture start-up.
L
a plupart des innovations sont me-
nées au sein de structures plus pe-
tites concentrant tous leurs efforts
sur des domaines thérapeutiques
très précis. « Nous avons en développe-
ment des produits dont nous pensons
qu’ils dépasseront à eux seuls notre chiffre
d’affaires actuel », affirme Jean-Luc
Bélingard, patron d’Ipsen (800 millions
d’euros de chiffre d’affaires). Ce labora-
toire mène une recherche active sur le
cancer, l’endocrinologie et les maladies
neuro-dégénératives. Il mise sur des ac-
Multiplication des copies, arrivée des génériques, nouvelles
formes médicamenteuses, le pharmacien est submergé par le
nombre de spécialités à connaître et à conseiller.
PATRICK ALLARD/REA
Séance de
vaccination
contre
l’hépatite B.
FROMMAN/LAIF/REA - DR
favorable à une victime
du Sabril vient d’être
rendue. Le médicament,
utilisé dans le traitement
d’épilepsies et qui
provoque des altérations
de la vision, est toujours
sur le marché », annonce
l’avocat Philippe Cariot.
D’autres affaires
Les amalgames dentaires
des plombages, les
vaccins ROR (rubéole-
oreillons-rougeole), les
antidépresseurs Prozac
et Zoloft...
Stéphanie Delmas
Le Sabril,
antiépi-
leptique
d’Aventis.
Retour : Champix - varénicline - miracle ou illusion ?